Bébés Corolle
En 1965, alors que Catherine Refabert – future créatrice de la marque Corolle – travaillait dans l’entreprise familiale de ses beaux-parents « les poupées Clodrey », son petit garçon de 3 ans s’étonna qu’elle ne fabrique que des filles. Cette remarque ingénue est à l’origine de la mise au monde du premier poupon sexué.
La famille Refabert, toujours à l’affût de nouvelles innovations, décida de se lancer dans l’aventure.
Georgette, la belle-mère de Catherine, se tourna vers les sculptures d’anges pour trouver un modèle, mais ceux-ci se révélèrent le plus souvent asexués. Elle trouva finalement comme inspiration
un angelot bien caché dans la cathédrale de Chartres, et le « Chérubin au dauphin » du sculpteur Verrochio (le maître de Léonard de Vinci) au palais Vecchio.
Un modèle en plâtre, réalisé non sans mal par le sculpteur de l’entreprise mal à l’aise, fut présenté à l’approbation de l’Institut pédagogique de France qui trouva l’idée charmante mais fit
refaire néanmoins sept fois le modelage. Finalement « Petit Frère », fabriqué dans la toute nouvelle matière encore utilisée de nos jours, le
chlorure de vinyle, ressemblait à un enfant de 2 ans, mesurait cinquante-trois centimètres, pesait 1,5 kilos et était vraiment unique. Il fut décidé qu’il serait présenté vêtu d’une simple
chemise qui laisserait découvert le bas de son corps pour que personne ne soit pris au dépourvu. Au sein même de l’entreprise les discussions étaient animées,
personne n’allait contre les idées du patron mais malgré tout beaucoup étaient choqués… Les plus jeunes pensaient cependant qu’un poupon sexué pourrait
faciliter le dialogue avec les enfants concernant l’éducation sexuelle.
« P’tit garçon des îles » né dans les ateliers Corolle en
1993
L’exportation de « Little Brother » en 1967 aux Etats-Unis ne se fit pas non plus sans heurts, les américains ayant eu vent du scandale français, les conteneurs furent bloqués à la douane et ne reçurent leur visa qu’après avoir été soigneusement contrôlés et leur contenu jugé inoffensif !!! Ensuite les ligues de consommateurs firent beaucoup de tapage : « Ce « Petit Frère » est un grave danger […], il affecte défavorablement la santé morale de nos enfants. […] Se taire face à ce péril n’est pas une excuse. Se taire sera la honte de l’Amérique. », ce qui n’empêcha pas toutes les commandes de se vendre. Heureusement, pour rétablir la balance, des personnalités prirent sa défense comme le Pédiatre Milton Levine Professeur à l’Université de Cornell, ou Helen S.Arustein dans son livre « L’Enfant et le sexe » devenu un best-seller aux Etats-Unis.
Pas de doute, les Refabert étaient en avance sur leur temps !!!
Source :
« Un amour de poupée »
Catherine Refabert – Ed. Albin Michel 1994
Vous trouverez ICI une présentation de ce livre passionnant !
As tu le livre de catherine refabert????
Amitiés.
Clo